Archive de la catégorie Arrière-pays

Le Biou

La grappe de Canaan,

..” Ce devait être un bouquet de pampres (sarments de vigne portant des raisins), offert le jour de la fête d’Arbois au patron de la paroisse Saint Just.
Ce bouquet était confectionné chez le capitaine du garde fruits , et le matin de la fête, la musique municipale et les pompiers se rendaient chez le capitaine et ses gardes fruits. Ils partaient tous ensemble chez le maire d’Arbois. Puis, le cortège se formait jusqu’à l’église où était déposée l’offrande “.

Fête populaire qui a levé en moi la mémoire d’ un autre fait de larmes,  l ‘enterrement à Ornans de Courbet ; ç’aurait pu être Sanders, Coppola ou Pasolini mais je suis en terre de Franche Comté et de celle qui m’est chère aux entremets, le Jura. Des hauts de Montigny-les-Arsures ou des coteaux escarpés de marne bleue recouvert d’éboulis calcaires de Château-Chalon de Pupillin ou bien, plus au sud, les vignobles de Rotalier, je calice pleine gorge le Savagnin en nage libre.
Grâce soit rendue à ces terres, ces maîtres vignerons, et à tous ceux qui  font fête du Vin Jaune, à pied ou à cheval.

La Fête du Biou, départ de la maison natale de Pasteur à Arbois, le 1er dimanche du mois de septembre.

 

Le Biou,  huile sur toile  114 x 162 cm   2012.

Le moineau et le papillon

l’indicible de l’atelier,

y a des jours de fâcherie où la toile essuie les humeurs du peintre comme celles d’un capitaine pris dans une tourmente marine portée à son paroxysme. 
Revers de jaune acide croisé de coup-droit, talochés de bleu de Prusse légèrement boisé de Véronèse et de sang, la lutte est brouillée d’immersions éperdues dans les miasmes souffrés d’une palette plus très claire.
Le vertige des lentes heures, désespérant.

La toile posée à la verticale sur le chevalet respire la moiteur des pluies tropicales. 
C’est la topographie d’une carte sans longitude ni latitude. Le dépôt pig-menteur joue du trouble et porte la lisibilité de l’écume à quelques vaisseaux fantômes. De grimaces aussi, grotesques. De pantins sans chair. 

D’une mâture étriquée de cent quatre vingt quinze par
quatre vingt dix sept centimètres j’augmente la voilure du double.
Le carré se met sous tension et prend le large avec une liberté retrouvée.
Des semaines plus tard,  la toile s’inscrit au champ du répertoire de l’atelier  sous  le titre,  “Le moineau et le papillon”.

 

   Le moineau et le papillon
   diptyque, huile sur toile  195 x 194 cm  2011.

De La Montagne

 

Loin des concentrations verticales de béton et de verre, par la fenêtre du chalet
je découvre la chaîne des Alpes suisse, le Matterhorn, le Besso, la pointe Zinal,
la Dent Blanche..,puis le village de Vercorin en débord de balcon, l’air est tiède.
Effluves fugitives de serpolet, de verveine sauvage.
Brumes montantes.

De Soussillon à Chandolin,
le sentier file dans la frange sombre des forêts, l’autre versant est de coton.

Au-dessus du pas de l’Illsee les névés aux reflets rouge safran laissent flotter
le rêve d’une longue traîne de mariée abandonnée au désir d’un assaut pressant,

immensité des monts et de la luminosité du ciel,
trop intense pour que l’on parle d’un ciel bleu,

barrière de caillasse aux mousses gris vert, s’érige, géant,
un volume noir tordu, déchiqueté, bizarre.
Suintent paisiblement des coulées d’eau bleue.

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1 Ardèche

Défilé aux girolles .

 

De la Garde-Guérin
plongée dans l’arrière pays

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Mon regard se promène buissonnier.

De la photographie du paysage
aux rapides esquisses de mon carnet
un seul souffle me tient à la corde
dans cette descente paisible vers le
Chassezac;

celui que manifeste la Nature éloquente.

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2 Lyons-la-forêt

Feuilles détachées

 

 

 

Besoin de repos

dormir à l’intérieur

dans la masse sombre

pour oublier l’extérieur.

 

Au travers du rayon solaire

ma rétine perçoit

l’entraxe ombragé du pommier.

 

Angle ouvert.

L’origine du monde

l’apothéose de la création.

 

Il est de braise rouge.

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