Le moineau et le papillon

l’indicible de l’atelier,

y a des jours de fâcherie où la toile essuie les humeurs du peintre comme celles d’un capitaine pris dans une tourmente marine portée à son paroxysme. 
Revers de jaune acide croisé de coup-droit, talochés de bleu de Prusse légèrement boisé de Véronèse et de sang, la lutte est brouillée d’immersions éperdues dans les miasmes souffrés d’une palette plus très claire.
Le vertige des lentes heures, désespérant.

La toile posée à la verticale sur le chevalet respire la moiteur des pluies tropicales. 
C’est la topographie d’une carte sans longitude ni latitude. Le dépôt pig-menteur joue du trouble et porte la lisibilité de l’écume à quelques vaisseaux fantômes. De grimaces aussi, grotesques. De pantins sans chair. 

D’une mâture étriquée de cent quatre vingt quinze par
quatre vingt dix sept centimètres j’augmente la voilure du double.
Le carré se met sous tension et prend le large avec une liberté retrouvée.
Des semaines plus tard,  la toile s’inscrit au champ du répertoire de l’atelier  sous  le titre,  “Le moineau et le papillon”.

 

   Le moineau et le papillon
   diptyque, huile sur toile  195 x 194 cm  2011.

1 réponse pour “Le moineau et le papillon”

  1. C & E Stoeckel indique :

    Merci. Nous avons beaucoup aimé.
    Excusez le reta

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