Archive pour 10.9.2008

La lune montante était si pleine

La lune montante était si pleine
Et la vie devenue si fine.

Le ciel était lavé des pleurs noirs.
La robe posée en attente sur la chaise
avait l’éclat de la rose à peine éclose.

Du haut du baobab jaune,
merlan battait poulpe.

Au bal des poussières
les chevaux pliaient leurs ailes
pour jouer l’ivoire de leurs crocs.

La cigale débauchait la fourmi,
Musette s’évaporait sous le heurtoir
d’Acide Métal, la voix de son Maître.

Les petites demoiselles d’horreur,
rose comme cochon,
taquinaient à coeur le prince solitaire
et, de leurs flèches, attisaient son ardeur.

 

Les danses sauvages
faisaient la nique au vieux Chronos,
baoulabé na na naaabê!
bateau ivre, le plancher flottait.

Les paupières mi-closes
dessinaient deux petits
croissants de lune;
de la main relâchée
s’échappait l’étoile luminescente
d’un sceptre magique.

Non loin,
le cerf-volant tourmentait la fôret.

La lune montante était si pleine.
Et la vie devenue si fine.

huile sur toile,  2 x 130 x 162 cm  septembre 2008.

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