De la pomme à la morsure.

 

Les années s’envolent.
De tes chagrins mouillés
ricane le diable de Tarente.

Fardées
de rose et de blanc,
les fleurs du pommier
découvrent
aux premiers émois
chauds du printemps,
frêles étamines.

Les années s’envolent.
Des chaleurs de tes nuits
exulte le malin.

Mon dieu,
que les hommes sont bêtes!
langue la Péricole.
Mais de l’épissure
viennent aussi
les premières blessures.

Les années s’envolent.
De tes humeurs troublées
danse, danse le faune.

Tu te fous de l’araignée,
du chat jouant de la musette,
de la souris dansant face à lui;
de la poule refaisant le lit
et du coq le brassant.

Quenottes que notes.
Des milliers de rouges-gorges
illuminent le ciel.

Les années s’envolent.
Lune, petite lune,
siffle le serpent vert.

Prête au jeu la chandelle
et laisse au temps goûter
la chair du fruit tant attendu.

Serrer moniale
grand malin jubile!
De trique loyale
à porte-fesses
il mouche
au premier assaut
le pot brûlant.

Les années s’envolent.
Il est minuit.
La chandelle se meurt.

Au dehors dans la rue noire
s’étiolent les notes
de la folle Tarentella.

Le chat jouait de la musette,
la souris dansait face à lui;
la poule refaisait le lit
et le coq brassait.

huile sur toile 130 x195 cm 2008.
29 février 2008.

1 réponse pour “De la pomme à la morsure.”

  1. Dany Vuillmin indique :

    Hello Jacques
    Merci pour cet entracte au parfum de printemps d’un 29 février.
    J’aime beaucoup ton texte si poétique qui me transporte sur de belles mordures.
    Il y a surement d’autres pommes sur des toiles fraiches pas encores tout à fait sèches ?
    A bientôt j’espère
    Dany

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