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1 Ardèche
De la Garde-Guérin
plongée dans l’arrière pays

Mon regard se promène buissonnier.
De la photographie du paysage
aux rapides esquisses de mon carnet
un seul souffle me tient à la corde
dans cette descente paisible vers le
Chassezac;
celui que manifeste la Nature éloquente.
J’aime la terre
Ce que je vois me comble.
Dessin sinueux de la vallée
Majesté des arbres
Murailles de pierres jaunes.
Au loin
s’émiettent
les collines d’oliviers.
Un bouillant lacet d’eau vert
entre les hautes falaises blanches
agite en son lit
de petites embarcations
multicolores.
L’écho des voix
fait revivre ces cathédrales minérales
en une Babylone
du plus profond des âges.
Terre
faite de violence de blessures
aride et sèche
au sol
ingrat et pierreux.
Le vent
cinglant de froidure.

Terre
carrefour maillé
de sentes de muletiers
de celles qui demandent du souffle
de l’endurance
de l’équilibre
la gestion du corps.
Le pays est une fosse d’orchestre
où la cigale dispute au grillon
la place de soliste.
Un bourdonnement incessant
d’organismes volants non désirables.
Un chant qui aura laissé indifférent
la curiosité naturaliste d’Olivier Messiaen.
L’orage est possible.
L’air est de plomb.
Les châtaigniers chênes hêtres et autres
grands arbres
nous prodiguent leur ombrage.
Le bruit de l’eau active le balancé de nos hanches
sous la gomme de nos semelles
le sol est de plus en plus monolithe.
La rivière enfin
avec ses creux et ses déliés.
Au-dessus de nos têtes
le vol d’un milan.
Les corps se dénudent
et prennent l’eau
Elle est froide.

Le côté hédoniste de ce lieu
révèle à ma mémoire
“Les baigneuses” de Courbet.
La conjugaison des temps me séduit.
Paysage? ou Nu paysager dans la peinture?
la toile,
sort de la rivière une jeune femme debout,
bien en chair, le dos tourné au regard du
peintre.
L’appui de la jambe droite offre un
cul magnifique enveloppé pour moitié
d’un drap de bain.
L’horizontalité de son bras, en adresse
par la droite, encadre le regard d’une amie
assise au pied d’un arbre qui s’apprête aux
frivolités du jeu.
Peinture de chair d’une sensualité forte
comme aimait donner à voir le peintre Courbet.
Cette projection inconsciente rejoint l’envie de faire mienne
celle de tenter de peindre un moment de jouissance de plénitude
en harmonie avec le paysage.
Et de le partager.

défilé aux girolles ,huile/toile, 130 x 162 cm 2007.
Quoi de plus généreux que cet entremet!
La Nature et l’Homme dans sa libre jouissance!
A l’heure où le Temps n’est plus aux cerises
mais au clafoutis de notre confort rabâché
aveugle à la mort lente de notre environnement
le ciel prend des couleurs.
Les toiles sont titrées individuellement et
composent une série qui elle-même porte un titre générique
“Défilé aux girolles”. Elles s’inscrivent dans un registre
où le caractère essentiel du travail est le regard porté vers
un pays partagé au quotidien le temps des vacances.
Je prendrais sans hésiter comme titre sériel,
s’il n’était déjà si bien défendu par l’ouvrage d’Yves Bonnefoy,
“L’Arrière-pays”.
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Je pense renouveler toutes les six semaines un courrier d’une autre étude en cours avec son commentaire.
si vous souhaitez ne plus recevoir cette information faites le savoir par courriel je serais votre obligé.